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Caractéristiques du Carmel

Quelles sont les notes essentielles qui définissent la vie au Carmel ?
Le Carmel considère le prophète Élie comme son Père. Sa vie nous est racontée dans la Bible au premier Livre des Rois. Le climat dans lequel se déroule la majeure partie de la vie d’Élie , c’est le désert, même s’il va porter la Parole de Dieu à Israël. Car au désert, Élie trouve Dieu, goûte Dieu, expérimente Dieu. Voilà ce qui fait le cœur du Carmel, ce que le plus ancien texte de l’Ordre formule ainsi : la fin de cette vie "consiste à goûter en quelque sorte dans son cœur et à expérimenter dans son esprit la force de la divine présence et la douceur de la gloire d’en haut." (Livre de l’Institution des premiers moines, XII s.) ; elle vise l’expérience divine, un acte où se mêlent la foi, la charité, l’espérance et les dons du Saint-Esprit. "Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens", tel est le cri du prophète et la devise du Carmel. Tel est le centre vital de la vie du Carme.
"Le Carmel est tout entier marial". La vie au Carmel est formée, nourrie et développée par la Vierge. La vie d’oraison et de solitude, de foi et d’amour, qui fleurit en un zèle aussi vaste que le monde, est à l’image de ce que fut la vie de la Vierge Marie. Marie est une présence à l’œuvre dans la vie du Carme. Comme Elle, il vit sous l’emprise de Dieu, grâce aux dons du Saint-Esprit, il est conduit par Dieu dans toutes ses actions.
Au XVIème siècle, Ste Thérèse d’Avila a concentré en son âme toutes les aspirations du Carmel et l’a réformé en le marquant de sa note propre. La grâce de Thérèse dans l’Église, c’est l’oraison, "cette relation d’amitié en laquelle on s’entretient souvent et intimement avec Celui dont on se sait aimé" (Livre de la Vie). C’est la première innovation de Thérèse. Concrètement, cela signifie deux heures (prévues chaque jour dans l’horaire) données à Dieu, deux heures où l’on se tient en compagnie de l’Ami, les yeux tournés vers l’Hôte intérieur, sans rien vouloir que cette présence. Ces deux heures sont faites en commun, dans notre province quant au temps et au lieu. Ste Thérèse voulu aussi un type de vie fraternelle, où les frères s’aiment mutuellement, à la manière du petit "collège du Christ". C’est sa deuxième innovation et elle lui tenait à cœur. Cela se traduit en particulier par l’instauration d’un temps de récréation communautaire : temps de détente avec les frères, plein de chaleur fraternelle, de délicatesse et de simplicité.
"Regarde, agis, comme si Dieu était seul au monde avec toi ; de cette manière tu entreras dans ses travaux et dans ses Œuvres à Lui" (St Jean de la Croix). Sentir, entrer dans la vie de Dieu, c’est être associé à toute l’activité divine, à la circulation d’amour trinitaire. "Je suis fille de l’Église" (Ste Thérèse d’Avila). Sentir, entrer dans la vie de Dieu, c’est sentir et entrer de toute son âme et de toutes ses forces dans ce grand Œuvre de Dieu qu’est la construction du Corps mystique du Christ : l’Église. "Quand quelqu’un prie, quand il vit de son oraison, quand, dans l’oraison, il fait l’expérience du Dieu vivant et se donne à Lui, alors il se met en même temps à comprendre plus profondément l’Église dans laquelle le Christ continue sa présence cachée et son œuvre de grâce ; il se rend alors compte qu’il est poussé à une plus grande fidélité envers l’Épouse du Christ ; il se sent entraîné au plus profond de son âme à œuvrer pour l’Église de toutes ses forces. Quand l’oraison, produite par un amour passionné de Dieu, témoigne d’une étroite amitié avec Dieu, et qu’elle grandit dans cet amour jusqu’à devenir comme la fusion d’un unique amour, alors cette amitié devient ferment apostolique ; elle devient comme une voix très puissante sur le cœur de Dieu pour faire descendre en abondance le bien sur tout son peuple" (Jean-Paul II, lettre d’ouverture du 4° centenaire de la mort de Thérèse d’Avila).

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